Le Tour d’écrou.

Le Tour d’écrou, d’Henry James.

Bonjour,

Je vous partage aujourd’hui mon avis sur un livre que j’ai découvert récemment : Le Tour d’écrou, d’Henry James. Cet auteur américain est notamment connu pour ces histoires fantastiques, comme Edgar Allan Poe (histoires fantastiques : histoires dans laquelle le lecteur ne peut choisir entre l’explication logique ou surnaturelle),  et je l’ai donc découvert avec ce livre, et c’est le seul que j’ai pu lire jusqu’à présent (mais je me rattraperai !).

Henry James (1843-1916) publie cette histoire le 16 avril 1898. Il s’agit d’une histoire fantastique qui utilise le récit enchâssé (histoire dans une histoire). Le narrateur, assiste à une soirée, durant laquelle un ami lui va raconter l’histoire qu’une femme lui a confiée, et dont le narrateur retranscrit ici le récit. Un soir, des amis se réunissent autour d’un de leurs amis pour écouter son récit. Il va alors leur conter l’histoire d’une jeune femme qui a accepté d’être la gouvernante de deux jeunes enfants, Miles et Flora, élevés à la campagne car leurs parents sont morts. C’est donc leur oncle, et tuteur légal, qui se charge d’embaucher la jeune femme. Elle accepte malgré des conditions assez mystérieuses, notamment l’interdiction de le joindre, quelque soit le problème. Elle se rend donc sur place, et est accueillie par les enfants et le personnel de la maison. La jeune préceptrice va alors se retrouver confronter à deux jeunes enfants incroyablement beaux et intelligents, dont la sagesse et l’honnêteté sont remises en question par l’apparition de deux nouveaux personnages dans la maison : l’ancienne préceptrice, Miss Jessel, et un ancien domestique, Peter Quint, tous les deux morts. La jeune femme se retrouve alors face à des mystères à percer : Pourquoi les fantômes sont-ils là ? Que veulent-ils ? Mais surtout… Qui peut les voir ?

Je ne vais pas vous en raconter plus, au cas où vous auriez envie de le lire !

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J’ai vraiment apprécié l’histoire. Le récit se lit facilement et en quelques heures seulement. L’auteur arrive à nous plonger dans la campagne anglaise du XIXe siècle, avec ses villages et ses habitants à la morale conservatrice. Tous les personnages semblent suivre une voie bien tracée, tranquille, qui ne leur permet pas de  comprendre ce qui se passe : seule la nouvelle gouvernante et préceptrice des enfants soupçonne rapidement que quelque chose ne tourne pas rond, après avoir aperçu le fantôme de Quint. Le fait que la gouvernante soit issue d’une famille religieuse renforce l’aspect fantastique du livre : la jeune femme semble avoir l’imagination débordante, séduite de plus par l’oncle mystérieux, n’attendant que son arrivée improbable au château, ses désirs sont renforcés par son éducation et sa passion pour les livres ; tous ses éléments permettent à l’auteur de jouer avec la raison du lecteur : la préceptrice est-elle soumises à ses fantasmes, ou des fantômes rôdent-ils vraiment dans cette demeure ? En effet, seule la gouvernante semble voir ces fantômes… Et l’auteur maîtrise parfaitement le genre, jusqu’au bout le doute persiste.

Henry James joue aussi d’une autre façon avec le personnage de la gouvernante : le récit conté est un récit qu’elle a écrit, dans sa vieillesse, pour raconter son histoire, en ayant donc du recul, elle a aussi pu donner un sens logique à son récit. Certaines interventions, réflexions de la gouvernante, relèvent donc, non pas de ce qu’elle a pu ressentir jeune, mais de sa réflexion en tant que femme plus mûre, qui a du recul par rapport à sa propre histoire. Cela ne fait que rajouter des pistes qui viennent souligner l’interprétation rationnelle, ou non. D’autant que le narrateur lui-même fait quelques remarques, ce qui influence forcément le lecteur.

Henry James nous livre donc ici un récit mené avec talent, qui joue avec la raison du lecteur, guidé par ses fantasmes. Comme la gouvernante ?

Je conclurai ainsi, avec cette citation du livre qui donne une idée du personnage de la gouvernante : « A Harley Street, [leur oncle] m’avait donné de l’endroit une idée plus modeste. Je me souviens que cette discrétion m’inspira davantage d’estime encore pour l’élégance du propriétaire, et m’incita à penser que ce dont j’allais profiter pourrait aller au-delà de ses promesses. » Alors fantasmes, ou réalité ?

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Je ne peux que finir en vous le conseillant, surtout si vous aimez les auteurs du XIXe siècle.

J’espère que l’article vous a plu, et si vous avez déjà lu le livre, n’hésitez pas à donner votre avis en commentaire pour qu’on en discute !

A bientôt,

Emma.

N.B : Il y a plein d’autres aspects du livre que l’on pourrait soulever et qui sont très intéressants –notamment le fait que seul Miles, et non Flora, utilise du discours direct, mais seulement à partir du chapitre XIV, ou encore l’utilisation d’un vocabulaire particulier – , mais pour un article, allons à l’essentiel !

Mon édition : Le Livre de Poche, 05€60.

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