La Belle et la Bête

La Belle et la Bête 

Bonjour !

Aujourd’hui, jour de fête nationale, je me dois de vous parler d’un livre appartenant au patrimoine littéraire français !

Je vais, pour cela, vous présenter un album littéraire que j’ai découvert dans l’année et qui m’a énormément plu :

La Belle et la Bête, illustré par Nicole Claveloux.

Couverture La Belle et la Bête

Référence : Editions Thierry Magnier, 23 €. Réédité  en octobre 2013, paru la première fois en 2001 (Editions; Etre). 

Nicole Claveloux, grande illustratrice, notamment de livres jeunesses, s’est appropriée le texte de Mme Leprince de Beaumont pour l’illustrer, et ce, avec talent. Je dois avouer que, en général, je n’accroche pas réellement avec le travail de cette illustratrice, mais j’ai vraiment adoré cet album !

Mais revenons d’abord sur ce classique de la littérature française, adapté de très nombreuses fois, notamment par Walt Disney (et oui, je reste une grande enfant !).

Le texte original date du début du XVIIIe siècle : Mme Gabrielle Suzanne de Villeneuve publie son conte « La Belle et la Bête » en 1740, dans  La Jeune Américaine et les contes marins, avec d’autres contes. Cependant, il ne rencontre pas un réel succès. Il sera repris plus tard par Mme Leprince de Beaumont. Elle le raccourcira et le publiera dans une œuvre morale intitulée, Le Magasin des enfants, et le conte rencontra alors le succès qu’on lui connaît encore aujourd’hui. Pour la petite histoire, ce conte s’inspirerait de l’histoire véritable d’un espagnol atteint d’une maladie qui le recouvrait de poils (l’hypertrichose) et qui épousa une française sous la protection du roi de France. Le conte s’inspire aussi du mythe d’Amour et Psyché.

Je ne reviendrai pas sur l’histoire de « La Belle et la Bête », mais, pour ceux qui ont séché ce classique malgré toutes ses adaptations (Mme Leprince de Beaumont, Disney ou encore Jean Cocteau), je vais en faire un bref résumé :

L’histoire est celle d’un homme qui partit récupérer des marchandises mais se perdit  en chemin. Il trouva alors sur sa route un château enchanté où vivait une Bête. La Bête décida de l’emprisonner pour le vol d’une rose. Cependant,  il était  prêt  à l’échanger contre sa fille. Belle se retrouva alors prisonnière de la Bête. Celle-ci fit tout pour séduire Belle, lui faisant comprendre qu’elle était maîtresse en son château. Cependant, sa famille manquait à Belle, et la Bête, qui était tombé amoureux de Belle, lui permit de revoir son père, avec la promesse qu’elle reviendrait au château. Seulement elle arriva trop tard et la Bête se mourait. Belle se rendit  compte qu’elle  l’aimait  et lui avoua son amour. La Bête fut alors sauvée par cet aveu de Belle, et  la fée qui l’avait transformée lui rendit alors forme humaine. Ils se marièrent et vécurent heureux.

Maintenant que nous sommes tous au point sur l’histoire (sans rentrer dans le détail des différentes versions), je vais me concentrer sur l’album de Nicole Claveloux.

Nicole Claveloux publie donc son album pour la première fois en 2001. Esthétiquement, cet album est très agréable : tout en noir et blanc, les dessins foisonnent de détails. On remarque dès la couverture (cf image ci-dessus) l’importance des détails et l’utilisation du noir et blanc dans cet album.

Rappelons que l’illustration relève de choix faits par le dessinateur (quel moment représenté ? Comment ? Peut-on s’éloigner du texte ?…) et si, parfois, l’illustration peut relever d’une simple représentation du texte, ici, les illustrations, sans trahir le texte, le prolongent, l’épaississent.

Belle chez elle

Ainsi, la première image présentant Belle la montre de dos : on ne voit donc pas sa beauté. L’illustratrice met de cette façon son intelligence, son esprit en avant, avec tous les éléments du décor : livre, globe terrestre, etc. La profusion de détails, d’objets, peut montrer l’envie de Belle d’en apprendre plus. Cela contraste avec les autres filles de la famille, que l’on voit à travers les fenêtres ouvertes : elles se distraient, dans les jardins, en compagnie d’hommes, le lecteur comprend grâce à l’image le fossé qui sépare Belle de ses sœurs, sans pour autant ressentir un sentiment de supériorité de la part de Belle. Si Belle est aussi belle que le sous-entend son prénom, et on peut le voir à grâce au reflet de son visage dans un petit miroir posé sur la table, elle pourrait jouer de cela auprès des hommes –comme le font ses sœurs-, mais c’est bien son esprit qui est mis en avant ici, puisque son reflet la montre concentrée dans sa lecture. Le lecteur comprend dès le début que Belle est une bonne personne, qu’elle est instruite et ne s’intéresse pas en premier lieu au physique (le miroir présent étant tout petit). On ne peut donc que s’attacher à ce personnage principal et à ce qui va lui arriver.

La profusion de détails permet aussi de situer, d’ancrer le conte historiquement grâce aux décors, aux habits, etc. , et de présenter Belle en une image. L’illustration est plus libre ici que dans d’autres histoires, car aucun portrait physique n’est donné ni de Belle, ni de la Bête.

L’illustration foisonnante permet donc, et ce tout au long de l’album, de représenter bien plus que ce que le texte dit explicitement, sans pour autant le trahir. L’utilisation du noir et blanc donne aux illustrations un caractère plus sophistiqué et en même temps plus angoissant. C’est très étrange à dire, car cela ne gâche en rien la fin heureuse de l’histoire, mais permet au contraire de comprendre la profondeur des sentiments exprimés, par Belle, mais aussi par la Bête. Cela souligne la dualité dans les actions, les choix, les sentiments des personnages.

Si la plupart des illustrations se trouvent sur une seule page, il y a aussi de magnifiques doubles pages, qui marquent des moments forts de l’histoire, comme la découverte du château par le père (cf image ci-dessous).

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En comparant les trois images ci-dessous, on observe l’animalité qui envahit, ronge la Bête, par sa posture, son expression, ses actions,… Il est assez effrayant, notamment lorsqu’il surprend le père de Belle. Ces illustrations s’opposent à son image lorsqu’il est avec Belle, où il est humanisé. Les illustrations permettent de mettre en valeur le lien qui unit Belle et la Bête, car c’est Belle qui rend la Bête plus humaine, qui le comprend ; c’est d’ailleurs grâce à elle si le charme est rompu.

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La Bête surprend le père.                    La Bête souffrant après le départ de Belle.

Enfin, sur cette dernière illustration, on ne voit pas le vrai visage du Prince, car ce qui compte, c’est bien la beauté intérieure, tout comme nous n’avons pas vu directement le visage de Belle au début de l’album.

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Comme vous avez pu le voir, je suis une grande fan de cet album et vous le conseille vivement, sans pour autant vous dire de l’acheter car cela reste tout de même un investissement, mais vous pouvez essayer de l’emprunter dans une bibliothèque.

Sur ce, je vous dis à bientôt,

 et bonne Fête Nationale !

Emma.

N.B : Nicole Claveloux a aussi publié une version pour adultes de cet album, avec le même genre d’illustrations.

Une réflexion sur “La Belle et la Bête

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